3 questions à Gérard Halimi*, président de l’association Faîtes des livres

Publié le jeudi 16 janvier 2020
Présentation Grand Prix Sofia

Quel est le concept de Faites des livres ?

Le Festival Faites des livres a été créé, en 2014, par une équipe d’enseignants engagés dans la réussite de ses élèves confrontés à de grandes difficultés de lecture, bien décidés à combattre les inégalités, à prévenir l’illettrisme et à donner ou redonner aux élèves le goût, le plaisir de la lecture.
Repousser l’illettrisme, se battre pour l’égalité des chances, donner à chacune et chacun les outils de la connaissance, faire de l’écriture et du livre un atout d’épanouissement personnel, telles sont les missions que s’est fixé notre association.
Au fil des ans, Faites des livres, portée par une équipe très mobilisée qui mène un travail en profondeur et dans la durée avec la plupart des écoles et des enfants du secteur, est devenu un événement majeur sur notre territoire.
Il convient de rappeler la genèse et le sens de cette manifestation, qui ne se limite pas à deux jours de festival mais constitue plutôt l’aboutissement d’une année de travail, de concertation, de construction avec les enfants et pour les enfants.
C’est là que réside le cœur du projet de Faites des livres : faire vivre au quotidien le goût des mots et des livres auprès des enfants, permettre à l’enfant d’être acteur de ses apprentissages en mettant la lecture, l’écriture au centre de notre projet.
Le festival participe également au dynamisme et au rayonnement culturel de notre Région Nouvelle-Aquitaine, en représentant un vecteur fort d’échanges, de vivre ensemble, de lien social, de créativité artistique et économique.

Que vous a apporté d’être le premier lauréat du Grand Prix Sofia de l’Action culturelle ?

Ce prix, remporté à notre grande surprise, permet à notre association d’être connue et reconnue en dehors de notre département.
Ce premier grand prix de l’action culturelle décernée par la Sofia constitue pour l’ensemble des bénévoles, écoliers, collégiens, enseignants qui donnent de leur temps et de leur savoir-faire, une motivation supplémentaire pour poursuivre leur engagement.
Les nombreux reportages qui ont couvert cet évènement ont permis de mettre en lumière notre association, de faire connaître au grand public le projet que nous promouvons et de lui donner une nouvelle légitimité.
Cependant, le principal impact du prix de la Sofia est de donner à notre jeune association une réelle crédibilité auprès de tous les acteurs de la filière du livre et de nous permettre de nouer ainsi de nouveaux partenariats.
Enfin, et ce n’est pas négligeable, la remise d’un chèque de 3.000 € permet à l’équipe du collège Langevin d’envisager sereinement la réalisation de leur ambitieux projet.

Comment voyez-vous l’avenir du projet ?

Le premier Grand prix de la Sofia nous permet d’envisager notre avenir plus sereinement et de conforter notre projet.
Nous espérons que cette mise en lumière au plan médiatique et cette légitimité, nous permettront d’ouvrir de nouvelles portes, d’envisager de nouveaux partenariats et pérenniser ainsi notre festival.
Même si aujourd’hui, Faites des Livres bénéficie d’une reconnaissance qui dépasse Saint-Junien, il nous faut absolument rester lucide et ne surtout pas perdre nos spécificités qui font l’âme de notre festival.

*Gérard HALIMI, président de l’association Faites des Livres est l’un des fondateurs du festival de littérature. jeunesse de Saint-Junien. À la retraite depuis deux ans, il a été pendant 15 ans Directeur de la SEGPA du collège de Saint-Junien. Avec les équipes pédagogiques du collège, il a piloté des projets innovants qui ont été primés à trois reprises par le Prix de l’innovation pédagogique décerné par le ministère de l’Éducation Nationale.
Très sensible à la cause des adolescents difficiles et des élèves en échec scolaire, il a fait une grande partie de sa carrière d’enseignant spécialisé, en région parisienne, auprès d’adolescents présentant des troubles de la conduite et du comportement, d’élèves en situation d’échec scolaire et de jeunes en situation de handicap. Ces expériences l’ont amené à mettre en place des stratégies pédagogiques alternatives pour favoriser les apprentissages de ses élèves. Depuis septembre 2014, il est assesseur auprès du juge pour enfants du tribunal de Limoges. Toutes ces expériences professionnelles et associatives lui ont permis d’acquérir des compétences dans l’élaboration et la mise en mise en place la construction de projets nécessitant la mise en place de partenariats et de réseaux.